- Biographie Baudelaire-Hugo
HUGO Victor Marie poète
(26 février 1802 - 22 mai 1885).
« Je veux être Chateaubriand ou rien. » C’est un garçon âgé de quatorze ans qui écrit cette phrase déterminée. Soixante-dix ans plus tard il est un mythe, Victor Hugo, et la République lui fait des funérailles nationales et choisit de l’inhumer au Panthéon. L’Ode sur la mort du duc de Berry, qu’il publie en 1820, lui vaut une gratification du roi Louis XVIII. Le réquisitoire qu’il prononce le 17 juillet 1851 lui vaut d’être condamné à l’exil par Napoléon III. La préface du drame Cromwell fait de lui, en 1827, le chef de file de l’école romantique en France. L’Année terrible, publiée en 1872, le désigne comme la conscience du peuple républicain. Les Orientales, en 1829, prouvent la maîtrise et la virtuosité de sa langue poétique au service de thèmes orientaux que chérissent ses contemporains. Le scandale et le triomphe d’Hernani sur la scène de la Comédie-Française le 25 février 1830 imposent sans appel la puissance de la langue romantique. Notre-Dame de Paris, en 1831, son premier grand roman, propose pour la première fois des personnages qui sont des mythes. Les Misérables, publié en 1862, considérable succès de librairie, bouleverse les lecteurs par son souci de justice. Pendant plus d’un demi-siècle, Victor Hugo écrit tout : des poèmes, des épopées, des odes, des romans, des drames, des essais… ; il est tout : député, académicien, banni, sénateur… Lorsque le catafalque du poète qui a voulu reposer dans le cercueil des pauvres est exposé pour une nuit de veillée funèbre sous l’Arc de triomphe de Paris, plus de deux millions de Parisiens viennent se recueillir et rendre hommage à celui qu’ils jugent être la conscience de leur temps.
Citations
- L'enfer, c'est l'absence éternelle
- Admirons les grands maîtres, ne les imitons pas
- Aimer un être, c'est le rendre transparent
- Aimer, c'est la moitié de croire
- La moitié d'un ami, c'est la moitié d'un traître
- Quand on est jeune, on a des matins triomphants
BAUDELAIRE Charles
(9 avril 1821-31 août 1867) Poète
Un marginal
Fils d’un homme des Lumières très tôt disparut (son père avait 62 ans à sa naissance), il vécut son enfance en plein romantisme. Il eut une enfance malheureuse, entre sa mère qu’il adorait mais à laquelle il ne pardonna pas son remariage, et son beau-père, qui ne comprenait pas grand chose à ce jeune dont il devait assurer l’éducation. Destiné à ‘faire son droit’, il choisit la bohème du Quartier Latin. A vingt ans, alors que ses relations familiales deviennent difficiles, il s’embarque pour l’Orient. Il s’arrête plusieurs semaines à l’île Maurice et à la Réunion où il se remplit les yeux d’images et de couleurs somptueuses et découvre les pouvoirs de la sensualité. Il rentre en France en février 1842, après dix mois d’absence. Il reçoit alors l’héritage de son père mais son beau-père lui impose un conseil de tutelle, qui le prive de la jouissance de ses biens.
Une traversée de l’enfer
Commence alors une existence difficile, marquée par un grand désespoir (tentative de suicide en 1845), de gêne matérielle – il devient critique d’art pour survivre -, de la maladie (la syphilis). Ces années 1845-1848 sont celles où il compose le plus grand nombre de pièces des Fleurs du Mal. C’est aussi à cette époque qu’il découvre Edgar Allan Poe, qu’il admire et qu’il traduira en partie. Il se lie avec Marie Daubrun et s’engage aux côtés des révolutionnaires de 1848. Mais les lendemains de la révolution l’écœurent, tout comme le révoltera le coup d’Etat du 2 décembre 1851.
Le poète maudit
Prodigieusement doué pour la souffrance et la solitude, il achève de se fragiliser en s’intéressant au vin et au haschich. Sa passion pour Jeanne continue bien que traversée d’autres amours. En 1857, il publie Les Fleurs du Mal, qui est aussitôt condamné pour ‘immoralité’ et voit son recueil amputé de poèmes jugés particulièrement scandaleux. En 1860, il publie Les Paradis Artificiels (célébration des drogues) et continue son œuvre de critique d’art lucide et hardi. Tandis qu’il travaille à une sorte d’autobiographie, Mon cœur mis à nu, et qu’il publie, en 1862, des poèmes en proses sous le titre du Spleen de Paris, il souffre de plus en plus de la syphilis. Après un séjour de deux ans en Belgique, il est frappé d’hémiplégie et meurt à Paris le 31 août 1867, à 46 ans.

